La République populaire et démocratique de Corée est l’Etat le plus fermé au monde. La Corée du Nord vit tellement repliée sur elle-même qu’essayer de décrire la réalité quotidienne est de l’ordre du fantasme.
Cet Etat à la particularité d’être le seul de l’ancien monde communiste a avoir massacré, déporté, torturé des communistes avant de passer à l’étape suivante : l’élimination des ennemis intérieurs, et extérieurs hostiles au socialisme d’Etat.
Nation voyou par excellence, les dirigeants nord-coréens n’ont pas hésité au fil des années à héberger divers groupes terroristes, de l’armée rouge japonaise aux fedayins palestiniens, tout en ayant aucun scrupule à faire exploser un avion de la Korean Air Line, pour montrer au reste du monde que Séoul n’était pas capable d’assurer la sécurité lors des JO de 1988, il est vrai que le régime nord-coréen est en guerre perpétuelle contre l’ensemble du monde capitaliste.
Le gouvernement a pratiqué de nombreuses purges et malgré l’effondrement du bloc communiste continue ses sombres besognes aujourd’hui. Les premières victimes sont des responsables du Parti à qui on impute les problèmes d’approvisionnements et structurels dont est victime le pays. Souvenons-nous que le Parti, et donc son Chef suprême, Kim Il Sung ont toujours raison.
Selon le code pénal nord-coréen, il y a pas moins de 47 crimes sanctionnés par la peine capitale : crimes contre la souveraineté de l’Etat, contre l’administration de l’Etat, contre la propriété de l’Etat, contre les personnes, contre les biens de citoyens, crimes militaires… Rien qu’en 2 ans (1958-1960) près de 9000 personnes auraient été exclues du Parti et assassinées.
Il est courant qu’on soit exécuté pour prostitution, trahison ou sédition, le peuple est alors incité à participer (insultes, jets de pierres…), l’Afghanistan des talibans possède les mêmes compétences. Juges et avocats sont aux ordres de la doctrine marxiste-léniniste et non de la loi.
L’aspect le plus terrifiant de la réalité du régime nord-coréen réside sans doute à l’intérieur de ses divers camps et prisons d’Etat.
On y travaille généralement de 5h30 à minuit, auxquelles il faut ajouter 2 heures de rééducation politique quotidienne. La majorité des biens industriels fabriqués en Corée du Nord doit l’être par des détenus. Relations sexuelles interdites, enfants nés en prison obligatoirement étouffés, ou égorgés. Les gardiens n’hésitent pas à utiliser la faim pour venir à bout de la résistance des prisonniers et les maladies sont monnaie courante. Tout est bien sûr, organisé et ainsi on distingue plusieurs camps : « les postes de secours » pour les délits mineurs (crimes non politiques…). Les « centres de régénération » sont destinés aux personnes asociales, oisives et paresseuses, l’enfermement ne nécessite aucune accusation. Viennent ensuite les camps de travaux forcés, les « zones de déportations » et pour finir les « zones de dictature spéciale », véritables camps de concentration de l’ère moderne, qui sont divisés en 2 secteurs : « quartier de révolutionnarisation » et quartier de haute sécurité. Enfermés dans le 2° quartier les détenus n’ont aucune chance de revoir du pays.
Les rares transfuges en font une description, et pas des moindres : barbelés élevés, bergers allemands, gardes armés, champs de mines, nourriture totalement insuffisante, isolement complet, les détenus creusent des canaux d’irrigation et coupent du bois. Les prisonniers capturent et mangent grenouilles, rats et vers de terre. L’horreur du III° Reich est toujours d’actualité. D’autant que les gardiens n’hésitent pas pour utiliser leurs prisonniers pour des travaux « spéciaux » comme le creusement de tunnels. Il existe même un quota de prisonniers à ramasser chaque mois pour en faire des cibles vivantes pour l’entraînement des soldats, certains testent la résistance des détenus en les privant de nourriture, les expériences du Dr Mengele ne sont pas loin. On brûle les corps pour en faire de la graisse, les exécutions ne sont plus publiques : le nombre de morts est tel que les détenus en sont devenus indifférents.
La particularité des camps nord-coréens réside dans le caractère de la responsabilité familiale : quand un détenu est enfermé, c’est toute la famille sur 3 générations qui l’accompagne en enfer.
Si les camps sont un microcosme de l’horreur du régime, la population n’a guère plus de libertés. Le contrôle est total, peut-être même le plus abouti au monde. On ne vit pas en fonction de la Constitution mais d’un précepte : « Pensez, parlez et agissez comme Kim Il Sung et Kim Jong Il ». Le pays est quadrillé par de nombreuses organisations de sécurité d’Etat, tout citoyen est convié à faire son autocritique une fois par semaine tout en n’oubliant pas de faire au moins 2 reproches à ceux que l’on connaît. Les cadres du parti sont certes privilégiés, mais eux aussi sont fortement surveillés, cassettes vidéos, livres…sont épluchés sont couverts de « réparations ».
Évidemment le gouvernement fait tout pour briser et anéantir toute opposition idéologique, on peut y voir un génocide intellectuel sans commune mesure à notre époque. La propagande officielle se fait via deux axes : le socialisme et l’Etat offre la plus belle des vies à ses citoyens. Le deuxième volet se construit sur la personne de Kim Jong Il qui est en osmose constante avec le ciel et la terre, il n’est pas rare que les nuages s’écartent sur son passage pour lui permettre d’observer les positions ennemies… C’est digne d’une mauvaise série B.
Contrairement aux desseins originels du communisme, la société nord-coréenne est hiérarchisée, et d’une manière qui se rapproche plus du nazisme que du socialisme. « La race des nains doit disparaître » dixit Kim Jong Il. Les handicapés, physiques et mentaux, sont isolés en banlieue et fortement discriminés. Chacun est classé en fonction de son origine sociale mais aussi de son passé familial (famille venant de Corée du Sud…) Un ancien diplomate nord-coréen dira : « La Corée du Nord connaît un système plus rigide que celui des castes ». Ainsi la société est divisée en 3 classes, absurdité suprême pour un régime qui se dit communiste ! : Classe « centrale », « indécise » et « hostile » (la dernière compterait dans ses rangs 25% de la population).
Vis-à-vis de l’extérieur, le régime nord-coréen adopte une position de méfiance extrême, ce n’est pas un secret. Pourtant il n’hésite pas à prendre en otage des étrangers pour recevoir diverses denrées nécessaires à la survie du régime, et non pas de sa population civile. Alors combien vaut une femme japonaise en sacs de riz ? La marine nord-coréenne n’hésite pas à arraisonner des pêcheurs sud-coréens (près de 400 manquent à l’appel selon la Corée du Sud). Des diplomates sont enlevés partout dans le monde, ainsi que des religieux, tous quasiment sud-coréens.
La Corée du Nord vit aujourd’hui sous la coupe d’un gouvernement qui s’apparente à une mafia organisée en Etat. N’hésitant pas à laisser les nord-coréens mourir de faim année après année. Les pontes du régime sont des criminels par excellence impliqués dans des divers trafics plus horribles les uns que les autres et pour qui la vie humaine n’a pas plus d’importance qu’un insecte qu’on écrase sans pitié. Insensible aux condamnations internationales ainsi qu’aux sanctions de l’ONU, le régime nord-coréen est une insulte à la dignité humaine et doit disparaître. Malheureusement pour ses habitants, le nord de la péninsule n’a aucune importance économique ou stratégique pour les grandes puissances de ce monde, et quand on connaît la folie de ses dirigeants, désormais possesseurs de l’arme nucléaire, une intervention internationale est loin d’être à l’ordre du jour.
Sources : Le livre noir du communisme.